mardi 13 avril 2010
Fondation Jean Monnet pour l'Europe
L’UNION EUROPEENNE
1. Quels sont les avantages pour la Suisse de rester hors de l'UE?
2. L'Europe peut-elle forcer la Suisse à entrer dans l'UE?
3. Quels sont les critères pour accéder à l'UE?
4. Est-ce-que l'entrée dans l'UE améliore la croissance économique?
5. Est-ce-que l'entrée dans l'UE sert à quelque chose?
6. Pourquoi la Suisse reste-t-elle en dehors de l'UE?
7. Si on entrait dans l'UE, est-ce-qu'on pourrait garder le franc suisse (CHF)?
8. Pourquoi l'UE n'impose-t-elle pas l'euro à tous ses membres?
9. Est-ce-qu'il y a un salaire minimum dans l'UE?
10. Est-ce-que ce salaire minimum est plus haut ou plus bas que le salaire minimum en Suisse?
11. Est-ce-que l'entrée dans l'UE (pour un pays pauvre) produit une amélioration du niveau de vie?
12. Est-ce-que les banques suisses risquent quelque chose si la Suisse entre dans l'UE?
13. Est-ce-que les impôts baisseraient si on entrait dans l'UE ?
Questions d’élèves préparées par Fatlum Ramadani, 3C5
pour la visite à la ferme de Dorigny, 19 avril 2010
Conférence à Dorigny de 11h à 12h30.
Fondation Jean Monnet pour l'Europe
Ferme de Dorigny
CH-1015 Lausanne
Tél. (secrétariat) : +41 / 21 / 692 20 90
Tél. (direct) : +41 / 21 / 692 20 93
Fax : +41 / 21 / 692 20 95
Courriel : gilles.grin@fjme.unil.ch
Site web : www.jean-monnet.ch
HISTOIRE
GYMNASE CANTONAL DU BUGNON - Sz - LAUSANNE
gmslausanne
samedi 6 mars 2010
QUIZ marathon premieres
Quiz marathon d'histoire, Premières, 2009-2010
Quiz de la semaine 23, 7 et 9 juin 2010
THÈMES:
ISLAM ET OCCIDENT, LE MOYEN-AGE, HUMANISME ET RENAISSANCE,
LES GRANDES DÉCOUVERTES.
Pour obtenir le point, il faut que la réponse soit entièrement correcte (selon nos travaux en classe).
60) Nationalité de Magellan?
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b) Italienne
c) Portugaise.
59) L'expédition de Magellan ne devait en aucun cas faire le tour du Monde. Pourtant ils ont fait le tour du monde. Pourquoi?
a) Parce qu'ils se sont perdus.
b) Parce qu'ils étaient trop fatigués pour rebrousser chemin.
c) Parce qu'ils étaient rebelles.
58) L'expédition de Magellan ne devait en aucun cas faire le tour du Monde. Ils devaient faire un aller-retour. Pourquoi?
a) Parce que c'était plus court.
b) Car c'était un pari avec les Portugais.
c) Car ils ne devaient pas entrer dans la zone de navigation portugaise.
57) Qu'a accompli l'expédition de Magellan?
a) Ils ont fait le premier tour du monde.
b) Ils ont découvert l'Amérique.
c) Ils sont les premiers à être arrivé en Inde.
56) Pourquoi était-ce difficile de voyager en haute mer aux XVe - XVIe siècles?
a) Parce que la boussole n'existait pas.
b) Parce que les navigateurs ne connaissaient pas bien les vents et les courants.
c) Parce que les navires étaient attaqués par les pirates.
55) Quelles sont les deux denrées précieuses que les premiers navigateurs recherchent?
a) de l'argent et des pierres précieuses
b) de d'or et des épices
c) des esclaves et du bois d'ébène.
54) Depuis quand sait-on (en Europe) que la terre est ronde?
a) depuis l'Antiquité.
b) depuis le Moyen Âge.
c) depuis la Renaissance.
53) Qu'est-ce que le système de Bologne?
a) Reconnaissance des titres universitaires au niveau européen.
b) Une recette de pâtes.
c) Le système politique en Italie durant la Renaissance.
52) Pourquoi les Européens (les Chrétiens) cherchaient-ils une nouvelle route pour atteindre les Indes?
a) Parce que les Musulmans leur barraient le passage à l'est.
b) Parce qu'ils pensaient que la route par l'ouest serait plus courte.
c) Parce qu'ils voulaient convertir des indigènes en route.
51) La boussole utilisée par les explorateurs européens (boussole sèche à aiguille) est une invention chinoise.
a) Non, c'est une invention européenne.
b) Oui, c'est une invention chinoise puisque les Chinois ont inventé la boussole.
50) Avant le voyage de Christophe Colomb, on ne savait pas que la Terre était ronde.
a) Faux, on sait depuis l’Antiquité que la Terre est ronde.
b) Juste, on ne le savait pas, c’est Christophe Colomb qui découvre que la terre est ronde.
49) Les Portugais sont les premiers et les principaux acteurs des « Grandes découvertes ».
a) Oui, parce qu’ils ont découvert plus d’endroits que les autres (p. ex. 7 découvertes entre 1416 et 1534 contre une ou deux pour les autres royaumes).
b) Non, les autres Européens (Espagnols, Italiens, Français, Anglais) ont eux aussi découvert beaucoup de terres nouvelles durant la même époque.
48) Qui sont les trois plus grandes célébrités des « Grandes découvertes » ?
a) Marco Polo, Amérigo Vespucci, Bartolome de Las Casas.
b) Vasco de Gama, Christophe Colomb, Ferdinand Magellan.
c) Pedro Alvarez Cabral, Hernan Cortés, Francisco Pizarro.
47) D’où sont parties les premières croisades ?
a) d’Italie
b) d’Espagne (Castille)
c) de France.
46) Qu’est-ce que l’héliocentrisme ?
a. la théorie selon laquelle le Soleil occupe le centre de l’univers (Nicolas Copernic)
b. la théorie selon laquelle la terre tourne sur elle-même (Galilée)
c. la théorie selon laquelle la terre est entourée de sphères de cristal (Aristote).
45) En Europe, quel évènement utilise-t-on pour marquer la fin de l’Antiquité ?
a. la fin de l’Empire byzantin
b. la prise de Jérusalem par les premiers croisés
c. la chute de l’Empire romain.
44) Quel est le point commun entre la religion islamique et la religion chrétienne ?
a. elles sont toutes les deux polythéistes
b. elles sont toutes les deux athées
c. elles sont toutes les deux monothéistes.
43) A quelle grande famille florentine appartenait Laurent le Magnifique ?
a. les Botticelli
b. les Alberti
c. les Médicis.
42) Pourquoi utilise-t-on internationalement le terme français Renaissance (La Renaissance, The Renaissance, Die Renaissance) pour désigner la période historique européenne de 1400 à 1550 environ ?
a. car la langue française était à la mode durant cette période
b. car c’est un concept conçu pas un historien français au XIXe siècle
c. car la Renaissance a commencé en France.
41) Combien de temps faut-il à Christophe Colomb pour atteindre le Nouveau monde en 1492 (de Palos à Haiti)?
a. deux mois et dix jours dont 40 jours en mer inconnue.
b. trois mois et dix jours dont 80 jours en mer inconnue.
c. quatre mois et dix jours dont 120 jours en mer inconnue.
Ecouter: France Inter, 2000 ans d'histoire, L'entreprise des Indes, 12 mai 2010.
40) Qu’entend-on par Empire byzantin ?
a. c’est l’ancien nom de l’empire romain
b. c’est l’Empire romain d’Orient
c. c’est le nom en grec de l’Empire ottoman
39) Les Normands (« les hommes du Nord », les Vikings venus de Scandinavie, dont un groupe domine la Sicile et le sud de l’Italie vers 1130) sont de grands voyageurs par mer. Leur destination la plus lointaine est :
a. l’Orient (Japon)
b. l’Océanie (Australie)
c. le Canada et l’Amérique du Nord
38) Où se trouvait Byzance ?
a. en Grèce actuelle
b. en Turquie actuelle
c. en Sicile
37) A quoi sert la danse enseignée aux fils et aux filles nobles depuis la Renaissance ?
a. à se sentir bien dans son corps
b. à se familiariser avec cet art en vue de le pratiquer sérieusement
c. à cultiver les bonnes manières et l'étiquette.
36) Trouvez l’intrus : Le Jugement dernier, La Joconde, La Cène, l’Homme de Vitruve.
35) Jean Pic de la Mirandole était
a. un peintre
b. un sculpteur
c. un humaniste
34) Où est situé La Mecque ?
a) en Arabie
b) en Palestine
c) en Egypte
33) Trouver l’intrus : Héraclite, Platon, Euclide, Michel-Ange, Aristote, Pythagore, Ptolémée.
32) Que signifie aujourd’hui l’expression « partir en Croisades » ?
a) s’engager à fond pour une cause (partir en croisade en faveur des sinistrés) ou partir en guerre contre un ennemi (partir en croisade contre le terrorisme).
b) s’engager dans une cause dont on ne peut pas connaître l’issue (croisade).
c) partir pour une longue course en bateau.
31) Au Moyen-âge, qu’est-ce qu’un tranchoir ?
a) une fourchette
b) un couteau
c) un morceau de pain rassis tenant lieu d'assiette.
30) Lequel de ces trois services de table n’existait pas au Moyen-âge ?
a) le couteau
b) la cuillère
c) la fourchette.
29) Les Croisades sont entreprises dans un but de quelle nature ?
a) économique
b) religieuse
c) humanitaire
28) Jusqu’à aujourd'hui, quelle est la religion la plus répandue en Europe?
a) Christianisme
b) Judaïsme
c) Islam
27) Qu'est-ce qu'un schisme?
a) une guerre de succession
b) la séparation d’un groupe en deux parties
c) une séparation entre nobles pour départager leurs richesses.
26) Quand se termine l'Antiquité?
a) 1492
b) 1453
c) 476
25) Combien de temps dure l'époque des croisades?
a) environ 50 ans
b) environ deux siècles (200 ans)
c) environ cinq siècles (500 ans)
24) Quelle fut la première religion monothéiste pratiquée à Jérusalem?
a) L’Islam
b) Le christianisme
c) Le Judaïsme
23) Qu’est-ce qu’un cimeterre ?
a) un endroit où on enterre les morts
b) une épée à lame courbe
c) un ustensile pour cimer la terre.
22) Date d’ouverture de l’Université de Bologne, la plus ancienne université d’Europe délivrant des diplômes (baccalauréat, maîtrise, doctorat) : 519, 1119, 1419 ?
21) Trouver l’intrus : Michel-Ange, Léonard de Vinci, Bramante, Raphaël, Platon.
20) Quel est le nouveau matériel de peinture considéré comme révolutionnaire à la Renaissance?
a) l'aquarelle
b) la peinture à l'huile
c) l'encre de Chine
19) Date du début de la Première croisade : 496, 1096, 1496?
18) Qu'est-ce qu'une croisade?
a) une guerre navale
b) une guerre sainte
c) une guerre civile
17) Qui étaient les Médicis?
a) la famille royale de Florence
b) une riche famille de banquiers
c) une famille d’artistes célèbres à Florence
16) Dans la chrétienté occidentale (en Europe), quel est le système politico-religieux qui prévaut au Moyen-âge ?
a) l'Etat domine la Religion
b) la religion domine l'Etat
c) l'Etat et la religion se partagent le pouvoir
15) Quel est le bon ordre?
a) Roman, Gothique, Humanisme, Renaissance, Baroque, Classique, Lumières, Révolution, Romantisme.
b) Classique, Gothique, Humanisme, Renaissance, Baroque, Roman, Lumières, Révolution, Romantisme.
c) Humanisme, Renaissance, Classique, Gothique, Baroque, Roman, Romantisme, Lumières, Révolution.
14) Lequel est un personnage de la Renaissance : Roger Bacon ou Thomas d’Aquin ?
Réponse :
13) Qu’est-ce qu’une Pietà ?
a) Sculpture, tableau représentant la Vierge éplorée soutenant le corps du Christ.
b) Pièce de musique composée pour les voix sans accompagnement.
c) Sculpture, tableau représentant le transport du Christ après la crucifixion.
12) Comment s’appelle aujourd’hui Byzance?
11) De quand date la consécration de la cathédrale de Lausanne ?
a) 975
b) 1275
c) 1575
10) Reliez les 2 colonnes en donnant le même chiffre
aux deux éléments qui vont ensemble.
Introduisez les chiffres 1 à 10 correspondants
dans la colonne de gauche.
| 1) L'empire du Portugal | |
| 2) Sainte Trinité, Masaccio, 1428 | |
3) L'empire espagnol | |
| 4) La Joconde, Léonard de Vinci, 1506 | |
| 5) Jan van Eyck, Le portrait des Arnolfini, 1434 | |
| 6) Vénus d'Urbino, Titien, 1538 | |
| 7) L'empire portugais et l'empire espagnol au XVIe siècle | |
| 8) Kamelaukion | |
| 9) La Pêche Miraculeuse, Konrad Witz, 1444 | |
| 10) David de Donatello, 1440 |
HISTOIRE
GYMNASE CANTONAL DU BUGNON - Sz - LAUSANNE
gmslausanne
samedi 13 février 2010
Textes sur le conflit en Palestine
L'occupation, un drame israélo-palestinien, 5 juin 2007, pp. 2-3,
Meron Rapoport, journaliste au quotidien Haaretz, Tel-Aviv. Paru dans Le Monde diplomatique de Juin 2007.
Parfois, notre mémoire nous trompe: alors que quarante années nous séparent de la guerre des six jours, une partie des Israéliens se plaisent à croire que la période d'avant 1967 fut un âge d'or, notre paradis perdu. Et qu'Israël, avant 1967, était une société à taille humaine et juste, où les valeurs du travail, de l'humilité et de la solidarité l'emportaient sur l'avidité et l'égoïsme, où tout le monde se connaissait, et surtout où personne n'occupait de territoires.
Bien évidemment, c'est pure illusion. En 1966, dernière année avant l'occupation, le chômage avait atteint le pourcentage record de 10%, l'économie connaissait une forte récession et, pour la première fois dans l'histoire du pays, plus d'Israéliens le quittèrent que de nouveaux immigrants ne s'y installèrent. De surcroît, cette année-là, les 400 000 Arabes israéliens qui n'avaient pas quitté leurs villages lors de la guerre de 1948 se virent libérés du «gouvernement militaire». Leur situation n'en resta pas moins critique, leurs terres étant progressivement confisquées pour construire de nouvelles agglomérations juives.
A partir de la guerre des six jours, Israël fut considéré comme une superpuissance militaire régionale, voire internationale. Ce que l'on sait moins, c'est que la guerre modifia spectaculairement l'économie du pays. Celle-ci prospéra, la récession prenant fin et le chômage baissant fortement. Quarante ans plus tard, Israël est devenu un autre pays. Alors qu'en 1967, le produit intérieur brut par habitant atteignait péniblement1 500 dollars, en 2006 il a culminé à 24 000 dollars, plaçant Israël à la vingt-troisième place dans le Rapport sur le développement humain 2005 réalisé par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). De surcroît, en quatre décennies, plus d'un million et demi de juifs s'y sont installés, la population juive totale passant ainsi de 2,4 millions à 5,5 millions. On comprend donc pourquoi beaucoup de citoyens israéliens perçoivent la guerre des six jours comme un moment décisif dans la success story du pays.
Pour d'autres, en revanche, 1967 constitue la cause de tous nos maux. Théoriquement, l'écrasante victoire des Forces de défense d'Israël face aux trois armées les plus puissantes du monde arabe celles d'Egypte, de Jordanie et de Syrie aurait dû rassurer les Israéliens et leur donner un sentiment de sécurité. Ce fut loin d'être le cas. Israël est tout sauf un lieu sûr, et, depuis 1967, le pays a connu pas moins de six conflits: la guerre d'usure le long du canal de Suez (1968-1970), la guerre de Kippour (1973), les deux Intifadas (19871993 et 2000-2005), et les guerres du Liban (1982 et 2006). Quelque 5000 Israéliens et environ 50 000 Arabes égyptiens, syriens, libanais et bien sûr palestiniens y ont perdu la vie. Bref, Israël n'a toujours pas clos le septième jour de sa guerre des six jours.
La difficulté pour le pays n'est pas seulement que le conflit perdure, mais que l'armée n'en sort plus victorieuse. Devenu historien, le général à la retraite Dov Tamari a fait observer, juste après les événements du Liban de l'été 2006, que la guerre de 1967 avait été sa dernière victoire incontestable. Selon lui, tous les autres bras de fer ont débouché sur un retrait, voire une défaite. Et, à chaque fois, Tel-Aviv a dû faire des concessions importantes. Ainsi, la guerre de 1973 se solda par le retrait total du Sinaï, conformément aux accords de paix signés avec l'Egypte en 1979. La première Intifada conduisit aux accords d'Oslo en 1993; l'invasion du Liban de 1982 se termina par un retrait inconditionnel en 2000. Quant à la seconde Intifada, elle poussa au démantèlement des colonies de peuplement de Gaza, voici près de deux ans.
Et que dire de la dernière guerre du Liban! Si la classe politique a, un temps, crié victoire, seuls 20% des Israéliens, selon une étude publiée par Haaretz une semaine avant la fin de la guerre, estiment avoir gagné. Cette difficulté à remporter une franche victoire explique sans doute
…..
Quand les choses se sont-elles gâtées? Cela ne date pas d'hier. Le général Moshe Dayan, le responsable politique le plus éminent de l'époque, prononça après le triomphe de 1967 cette phrase célèbre: «Nous attendons un appel téléphonique des Arabes.» Il voulait faire croire qu'après cet appel, Israël se retirerait des territoires occupés du Sinaï, de la bande de Gaza, de la Cisjordanie et du Golan en échange d'accords de paix avec le monde arabe. Dans son livre 19672, l'historien Tom Segev démontre que telle n'était pas vraiment l'intention du gouvernement israélien. C'est pourtant ainsi que la position d'Israël fut perçue dans le monde et en son sein.
A cette même période, Israël enclencha d'ailleurs un processus qui allait rendre très difficile, voire impossible, tout accord fondé sur l'échange de territoires contre la paix. Le premier ministre travailliste Levi Eshkol, réputé colombe, laissa les premiers colons s'installer avant la fin de l'année 1967 en Cisjordanie (à Kfar Etzion). Le ministre de la défense Moshe Dayan ordonna de détruire les villes et les villages syriens sur le plateau du Golan occupé, pour permettre la construction d'une colonie israélienne sur les ruines de la ville syrienne de Kuneitra. Et, au début de l'année 1968, des Israéliens furent autorisés à vivre au coeur de la ville occupée de Hébron.
Quarante ans près, on voit les résultats. Le centre est devenu une cité fantôme où les Palestiniens ne sont autorisés ni à habiter, ni à se promener ou à faire des achats et tout cela pour laisser la place libre à quelque 500 colons juifs. Ce n'est pas un hasard si le premier attentat-suicide a eu lieu à Hébron, après que Baruch Goldstein, en 1994, ait assassiné 39 musulmans au sein de la mosquée d'Abraham, dans le Caveau des patriarches.
Il suffit de regarder une carte pour comprendre que les colonies de Cisjordanie ont été construites selon un plan établi à l'avance, pour d'une part isoler les communautés palestiniennes les unes des autres, et d'autre part créer une continuité entre les colonies juives et le territoire de l'Etat d'Israël d'avant 1967. Des implantations ont aussi été bâties autour des quartiers arabes de Jérusalem, pour séparer la partie orientale de celle-ci des villes et des villages palestiniens avoisinants, puis dans la vallée du Jourdain pour séparer la rive ouest du Jourdain de la Jordanie. Des routes furent construites le long de ces colonies, au coeur même de la Cisjordanie, pour couper Naplouse de Ramallah ou Kalkilya de Tulkarem.
Grand architecte de la colonisation, M. Ariel Sharon a déclaré ouvertement, en 1975, que son but était d'empêcher la création d'une entité palestinienne. Appuyée au fil des ans par tous les gouvernements, de droite et de gauche, cette stratégie a réussi. Plus de 250 000 Israéliens habitent aujourd'hui des centaines de colonies en Cisjordanie, sans parler des 200 000 habitants des nouvelles agglomérations construites dans la Jérusalem occupée. Leur nombre même a permis de modifier l'attitude de la classe politique à leur égard: désormais, à la seule exception des formations arabes et du Parti communiste, tous les responsables israéliens de M. Yossi Beilin à M. Ami Ayalon, et de M. Ehoud Olmert à
Mme Tsipi Livni considèrent que le rattachement des «blocs de colonies» doit faire partie intégrante de tout accord de paix. Le tracé du fameux mur de séparation vise d'ailleurs à les intégrer à Israël.
Ce qui est étrange, c'est que ces mêmes dirigeants, y compris M. Ariel Sharon avant son attaque cérébrale, reconnaissent aujourd'hui en privé et parfois publiquement que les colonies constituent le principal obstacle à la signature d'un accord de paix avec les Palestiniens et l'ensemble du monde arabe. Israël est comme victime de ce monstre qu'il a lui-même bâti durant quarante ans d'occupation. Il lui est impossible d'absorber ces colonies sans annexer la rive Ouest du Jourdain, un pas que même les gouvernements de droite les plus extrémistes ont refusé de franchir en raison de ses implications au niveaux international, juridique et surtout démographique car la différence des taux de natalité fait que le «Grand Israël» comportera bientôt une majorité palestinienne. Mais il ne peut pas non plus s'en débarrasser, dans la mesure où les colonies de peuplement font figure d'élément inséparable de la société israélienne. La colonisation est devenue un piège.
Israël est-il tombé volontairement dedans? S'est-il accoutumé à l'occupation au point de ne plus pouvoir faire sans? Depuis quarante ans, nous vivons dans une société fondée sur des privilèges. Certes, même avant la guerre des six jours, les nouveaux immigrants originaires des pays arabes jouissaient de droits inférieurs à ceux des juifs arrivant d'Europe; et les Palestiniens vivant en Israël étaient encore plus défavorisés. Mais, après 1967, l'Etat instaura un système officiel de discrimination: il a privé de ses droits politiques le million de Palestiniens résidant en 1967 en Cisjordanie et dans bande de Gaza (on en recense actuellement 3,5 millions), dont la vie, dans tous ses aspects, a été placée sous le contrôle des commandants militaires.
Du coup, au long de ces quatre décennies, les relations entre les Palestiniens vivant sous occupation et les Israéliens se sont profondément dégradées. Mais, aux yeux de ces derniers, la situation dans laquelle les uns bénéficient de tous leurs droits et les autres en sont privés paraît totalement normale. Les restrictions de plus en plus importantes imposées aux Palestiniens en matière de déplacement, le fait que les Israéliens n'ont l'occasion de les rencontrer qu'en Cisjordanie lorsqu'ils y servent comme soldats n'ont fait qu'accentuer ces différences. Mettre fin à l'occupation équivaudrait à renoncer au sentiment d'être un privilégié, un pas apparemment très difficile à franchir.
Un des grands bouleversements de la société israélienne après 1967 fut sa transformation rapide en une société capitaliste moderne. Les grands travaux entrepris après la guerre ont créé une puissante classe d'entrepreneurs, qui a pu exploiter la main d'oeuvre à bas prix des territoires occupés. Des milliards de dollars depuis 1973, les Etats-Unis en accordent 3, chaque année, à Israël au titre de l'aide militaire ont été consacrés à la haute technologie militaire la plus performante, transformant le pays en superpuissance du «hi-tech».
Parallèlement, avec le système de privilèges mis en place par l'occupation, la société s'est progressivement et extrêmement divisée. En 1967, plus de 80 % de la force de travail dépendaient d'un syndicat unique et puissant, qui contrôlait un tiers de l'économie nationale. Les kibboutzim jouissaient encore d'une grande considération. Actuellement, avec moins de 25% de travailleurs syndiqués, nous avons une des sociétés les plus injustes du monde occidental: si l'on en croit l'Index Gini, qui mesure les inégalités, l'Etat hébreu occupe la soixante-deuxième place une des plus mauvaises parmi les économies avancées3. Dix-huit familles contrôlent 75% de l'économie. Cette situation plonge partiellement ses racines dans la guerre des six jours.
Mentionnons d'autres conséquences importantes. Après 1967, le conflit israélo-palestinien a occupé une place prépondérante sur la scène internationale, si ce n'est la plus importante. Et Israël a tiré profit de cette situation. Ses excellentes relations avec les EtatsUnis, son rôle éminent au niveau international, sa puissance armée et sa prospérité viennent de là. Tout comme le fait que la Ligue arabe, après avoir refusé toute négociation après la guerre des six jours, lui propose désormais de conclure une paix globale avec tous les pays arabes.
Mais les conséquences de 1967 comportent aussi des aspects très négatifs. Si Israël a gagné cette place privilégiée en Occident, c'est parce que l'Etat hébreu est considéré comme «une ligne de front sanglante» entre l'Occident et l'Orient, entre la civilisation «judéo-chrétienne» étrange invention, quand on connaît l'histoire des deux religions... et la civilisation musulmane. Après les attentats du 11-Septembre, cette vision s'est largement répandue en Israël, bien au-delà de la droite religieuse pour qui, depuis 1967, la colonisation en terre d'Israël obéit à la volonté divine. Cela a transformé le conflit israélo-arabe, d'abord territorial et donc politique, en affrontement culturel et religieux. Le vice-premier ministre et chef du parti Israël Beitenou («Israël, notre maison»), qui prône le «transfert des Palestiniens» d'Israël comme des territoires occupés, a déclaré récemment au journal Haaretz qu'Israël était un «avantposte du monde libre4».
Tout cela peut expliquer le sentiment d'apocalypse qui s'est emparé de nombreux secteurs de la société israélienne après le conflit au Liban, l'été dernier. Dans la mesure où l'on présente le Hezbollah comme le bras armé de l'Iran et la République islamique comme le promoteur de cette guerre des civilisations, l'échec de l'armée israélienne, pourtant puissante et ultrasophistiquée, face à quelques milliers de combattants chiites censés être mal entraînés a représenté un traumatisme. Beaucoup de gens ont perçu le fait que des milliers de roquettes aient été tirées sur le nord d'Israël, un mois durant, sans que l'armée ne parvienne à y mettre fin, comme le signe que nous, les Israéliens, nous ne sommes pas désirés dans la région et que nous pourrions, à long terme, être vaincus par le géant musulman.
Bref, ces quarante années ont fini par paralyser la société au point que ses dirigeants n'ont plus le courage de travailler à une solution réelle au conflit. L'occupation a fini par envahir Israël. I
********
Tony Judt, Des colonies israéliennes indéracinables, vraiment?
Le Temps, vendredi25 septembre 2009, p. 12
Article paru dans «The International Herald Tribune». Traduction: Emmanuel Gehrig.
vendredi 15 janvier 2010
Empires coloniaux, schémas, 2M7
Empires coloniaux, XIXe siècle
Exemple de schéma
Charlotte et Damiens

HISTOIRE
GYMNASE CANTONAL DU BUGNON - Sz - LAUSANNE
gmslausanne
GYMNASE CANTONAL DU BUGNON
HISTOIRE Sz
gmslausanne
mercredi 16 décembre 2009
Les procès de sorcellerie dans le Pays de Vaud
Représentations spontanées sur les sorcières


Notes du cours
Les procès de sorcellerie intentés entre 1438 et 1528 dans le Pays de Vaud (9 et 16 décembre 2009)
1. Le registre Ac 29
Ø Découverte des différents procès de sorcellerie dans un carton aux Archives cantonales vaudoises par l’archiviste Maxime Reymond
Ø Le registre est composé de 30 documents dont 26 procès
2. Contexte
Ø A partir du XIIe siècle, L’Eglise poursuit les hérétiques jusqu’à la fin du XVIIIe siècle
Ø L’Inquisiton est organisée au début du XIIIe siècle par Grégoire IX pour lutter contre les hérétiques. Premières victimes: les Cathares et les Vaudois (adeptes de Pierre Valdès) qui ont des perceptions différentes de la foi chrétienne
Ø En 1326, le Pape Jean XXII rédige une bulle Super illius Specula qui définit la sorcellerie aussi comme une hérésie. Les sorciers et sorcières seront jugés comme les hérétiques!
Ø En 1484, le pape Innocent VIII lance le signal de la chasse aux sorcières et organise la lutte contre la sorcellerie
3. Définition du terme « hérétique »
Une personne qui a des idées et des conceptions contraires à la foi catholique
4. Deux visions de la sorcellerie
Ø La vision populaire
Il s’agit de la vision de la sorcellerie par la communauté
Ø La vision démonologique ou savante
Il s’agit de la vision de la sorcellerie par les hommes d’Eglise
5. Les accusations (vision populaire)
Ø Meurtres de personnes
Ø Meurtres d’animaux (le bétail)
Ø Empoisonnement
Ø Maladies
6. Les accusations (vision savante ou démonologique)
Ø Avoir intégré une secte vouée au diable
Ø Avoir rendu hommage au diable
Ø Avoir profané des hosties
Ø Avoir mangé des enfants au cours des banquets
Ø Avoir participé à des orgies
Différence entre les accusations populaires et savantes (démonologiques)
La conception populaire de la sorcellerie ne mentionne jamais le diable, alors qu’il est omniprésent dans la conception savante ou démonologique de la sorcellerie!
7. Définition du tribunal inquisitorial
Les sorciers et sorcières sont jugés par un tribunal constitué par des hommes d’Eglise qui sont chargés de débusquer et de poursuivre les hérétiques
8. Les membres du tribunal inquisitorial
Ø L’inquisiteur
Ø Le procureur de la foi
Ø Le notaire
Ø Les assesseurs (témoins)
9. Le déroulement des procès
Ø Ouverture du procès
Ø Première, deuxième, troisième et parfois quatrième exhortations à la confession (monitions)
Ø Mise à la question (torture). Pas systématique
Ø Aveux et dénonciations de complices
Ø Répétition des aveux (plusieurs séances)
Ø Conclusion du procès et sentence
Ø Exécution de la sentence (bûcher, exil ou plus rarement pénitence)
10. « Portrait »
Ø Sexe: une majorité d’hommes (2/3 pour 1/3 de femmes)
Ø Âge: des personnes âgées pour l’époque (entre 50 et 60 ans)
Ø Etat civil: généralement inconnu pour les hommes et des femmes mariées ou remariées (peu de veuves)
Ø Activités: des cultivateurs + des hommes et femmes qui exercent des professions « publiques »: des notaires, des meuniers, des médecins ou des sages-femmes
Ø Rang social: des personnes influentes politiquement pour les hommes; des personnes bien intégrées à leur communauté et parfois aisées (pas de mendiants ou de personnes pauvres!)
11. Le caractère et le comportement
Ø Des personnes qui boivent
Ø Des personnes qui jouent aux billes, dés ou cartes
Ø Des hommes et des femmes au caractère agressif, querelleur, vindicatif
Ø Des femmes à la vie privée mouvementée
Conclusion: Comportements non conformes, hors normes pour l’époque!
12. Cadre familial
Ø Des conflits familiaux peuvent avoir déclenché certaines accusations
Ø Des belles-mères accusées par leurs beaux-enfants
Ø Le facteur héréditaire
13. La communauté
Les conflits de voisinage
Les membres de la communauté participent activement à la répression en entretenant la mauvaise réputation d’une personne et en la dénonçant!!
Travaux sur documents: Coupables ou bouc-émissaires


La Tour des sorciers à Sion où l'on peut voir une estrapade, comme mentionnée dans le document 4 ci-dessus.
Anna Göldi (wiki)
Film: Anna Göldin, letzte Hexe (1991)
2000 ans d’histoire par Patrice Gélinet, émission du mardi 27 octobre 2009 - La Sorcellerie, rediffusion du 20 juin 2008.
